Guinée: l’échange des petits billets contre les gros devient une affaire courante

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Bon nombre de jeunes guinéens sont dans cette activité. A madina, leur présence au bord de la route à la quête de clients est régulière. Les petites coupures de 100 ; 500 et 1000 francs guinéens sont les trois types en leur possession. L’échange s’effectue à part inégale. C’est-à-dire le nécessiteux obtient toujours moins du montant échangé.

4000 FG contre 5000 FG ou 10.000 FG contre 8000 FG telle est la forme d’échange qui se passe entre les détenteurs de petits billets et ceux de gros billets. Les plus intéressés par ce service sont les conducteurs de taxi ou minibus. La plupart d’entre eux profitent de leur passage à madina pour se procurer de petites coupures. Cet échange est devenu un métier pour de nombreux jeunes. Tout temps au bord de la voie-aller de Madina à kaloum avec ces coupures, ils ont une manière d’attirer la clientèle. C’est celle de répéter à voix élevée ” monnaie”. A chaque fois qu’un client se pointe, ils se précipitent autour de lui. Puis chacun tente d’être le choix du demandeur.

Les billets à leur disposition sont neufs. Selon leurs propos, ils seraient ravitaillés par des banques. Concernant les noms de ces banques, ils n’ont pas voulu les livrer. Par contre, Aboubacar Bangoura a accepté de se prononcer sur le profit que son activité lui rapporte: ‘’le gain, c’est en fonction du montant échangé. Par exemple sur 100.000 fg j’ai 20.00 fg d’intérêt. Parfois des chauffeurs échangent une somme de 100.000fg en petites coupures. Je ne vais pas vous dire combien je gagne par jour mais quand même ça m’arrange car c’est de ça je tire ce que je mange tous les jours. Je pratique ce travail depuis six mois. Même si j’ai l’ambition de faire autre chose à l’avenir, pour le moment je me contente à ça’’.
Abordés dans le même sens, les autres échangeurs ont estimé que leur collègue Aboubacar Soumah a dit l’essentiel. Pour Harouna Bah, chauffeur de taxi venu pour l’échange: ‘’même si en retour on n’obtient pas le même montant donné ça nous permet d’éviter toute dispute avec les passagers. Moi je n’en veux pas à ces échangeurs mais à l’État parce-que c’est lui qui a créé toute cette pagaille’’.
En Guinée, l’utilisation des gros billets est fréquente. Avoir un montant considérable de petite coupure n’est pas chose aisée. Un
signe que les gros billets dominent dans la monnaie guinéenne.

Mariam Diallo pour Afrinews.org
redafrinews@gmail.com




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