Guinée: des jeunes filles noctambules victimes à cause de leurs habits indécents

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Les plaignantes sont nombreuses. Des filles qui sortent la nuit pour des besoins de divertissements ou de retrouvailles avec leurs amants se disent souvent victimes de fouettage. Ceux auxquels le doigt accusateur est pointé sont les services de sécurité notamment les unités de patrouilles nocturnes. En ce lundi soir, Afrinews s’est entretenu avec une fille qui témoigne avoir été tabassée pour être vue dans un habillement jugé vulgaire.

Sous l’anonymat, la jeune fille a accepté de se prêter au micro de notre reporter. D’abord elle a avoué qu’elle est régulière dans les sorties nocturnes puis elle a raconté le fouettage qui lui aurait été récemment infligé par des hommes en tenue: ‘’Cette nuit là je revenais d’une sortie. Je portais une jupette très courte mais aussi transparente et collante. Arrivé au carrefour de Lambandji je suis descendue. Je devais partir de là chercher un véhicule en partance pour le carrefour canadien. Un peu partout des gendarmes étaient postés. Soudainement deux d’entre eux se sont précipités vers moi. Ensuite ils ont immédiatement commencé à me frapper par leurs ceintures. Les cuisses et les bras étaient les parties visées. En même temps qu’ils me fouettaient je les entendais dire ça ce n’est pas de l’habillement. J’ai couru mais ils m’ont poursuivie. Comme je ne parvenais pas à leur échapper, je suis restée accroupie. Ils ont continué à me fouetter. A un moment ils ont arrêté en me proférant des injures graves. J’avais eu mal partout. Difficilement j’étais rentrée’’.

Pour la jeune fille, cette brutalité dont elle a été victime est sans fondement. “Ce n’est pas de cette manière qu’on éduque un citoyen”, a-t-elle lancé pour se justifier. Et de rappeler que le monde est dans une époque où chacun est libre de s’habiller comme il veut.

Parmi les agents patrouilleurs, certains croient être permis de s’en prendre aux filles et femmes dans des habits indécents sous prétexte que la décision serait venue du secrétariat à la présidence de la république en charge de la lutte contre le grand banditisme. Un argument contraire à la réalité. Le patron de ce service à savoir le Colonel Thiegbro Camara n’a en aucun cas déclaré que cette manière de faire de ses hommes était devenue une loi. Il s’était juste limité à exprimer la nécessité de mettre en vigueur une disposition réglementant le mode vestimentaire de la couche féminine sur les lieux publics.

Il se révèle que les filles noctambules qui se plaignent de fouettage de la part des hommes en uniforme à cause de leur habilement sont en grand nombre. Partant de ce fait, il y’a lieu de dire que la proposition de Thiegbro Camara est déjà perçue par certains éléments des forces de sécurité comme un ordre à exécuter.

Selon notre interlocutrice, elle ne compte pas renoncer à sa façon de s’habiller pour ses sorties nocturnes. Être dans des habits trop serrés ou transparents ou encore courts est son goût. Même si elle a une fois été fouettée à cause de ce genre d’habillement, elle tient à l’utiliser. Une détermination qui prouve davantage son affection à se rendre très séduisante à l’égard des hommes quand elle doit aller se divertir.

Oury Nombokelen Bah pour afrinews.org
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