Attaque terroriste à Londres: le récit des événements

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Trois personnes ont été tuées dans l’attaque survenue au Parlement britannique et à ses abords, mercredi après-midi dans le centre de Londres. Plusieurs blessés, dans un état plus ou moins grave. Parmi eux se trouvent trois lycéens français. Leur pronostic vital n’est pas engagé. Theresa May s’est exprimée peu avant 22h, indiquant le niveau d’alerte attentat ne serait pas relevé.

L’essentiel :

  • Quatre personnes sont mortes. Parmi elles, un policier et l’assaillant présumé
  • Environ vingt personnes ont été blessées, dont trois lycéens français
  • Theresa May s’est entretenue avec Donald Trump et a présidé ce soir une réunion de crise ; François Hollande a réagi en apportant son « soutien » aux Britanniques

Deux lieux d’attaque : le déroulement des faits

Les faits se sont produits à deux endroits différents. Le scénario qui se dessine, résume notre correspondante sur place Muriel Delcroix, est celui d’un homme à bord d’un 4×4 noir qui se lance à vive allure sur le pont de Westminster, le pont qui traverse la Tamise entre la gare de Waterloo et le Parlement. Il est environ 14h30.

Le conducteur fauche de nombreux passants, dont trois agents de sécurité, sur le trottoir avant que son véhicule ne s’écrase contre les grilles de sécurité qui protègent le Parlement.

L’homme sors de sa voiture, armé d’un couteau, et pénètre en courant dans une des cours du bâtiment, la plus proche de Big Ben. Il attaque auparavant les policiers qui gardent l’entrée. L’un d’entre eux est touché. Le député Tobias Ellwood, ancien militaire de la Royal Navy, tente de le sauver, en attendant l’arrivée des secours. En vain : l’agent succombe quelques heures plus tard. L’agresseur, lui, est abattu par les autres policiers peu après son entrée dans l’enceinte de Westminster.

La Première ministre britannique, Theresa May, est saine et sauve, a annoncé un porte-parole. Selon The Independant, la cheffe du gouvernement n’était qu’à 30 mètres du terroriste.

Le Parlement de Westminster ainsi que Downing Street, la résidence de la Première ministre, ont été bouclés pendant plusieurs heures, tout comme le London Eye, la grande roue près de Westminster dont les cabines se sont immobilisées avec leurs occupants pendant un long moment. Les médias britanniques rapportent la panique qui s’est emparée du coeur de Londres durant l’après-midi.

Des lycéens bretons parmi les blessés

Selon un interne de l’hôpital Saint-Thomas interrogé par Press Association, les blessures de certaines personnes seraient « catastrophiques ». Une femme a été repêchée de la Tamise, a communiqué le Port de Londres.

A 18h30, le décès du policier de garde du palais a été annoncé par les médias britanniques, avant d’être confirmé officiellement par Mark Rowley, le commandant de l’unité anti-terroriste dans une déclaration.

En France, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a confirmé sur Twitter des informations du Télégramme, à savoir la présence parmi les blessés de trois jeunes garçon français du lycée Saint-Joseph de Concarneau (Finistère). La préfecture de Bretagne indiquait en début de soirée que leur pronostic vital n’était pas engagé. Il y avait 36 élèves de cet établissement en voyage scolaire. Un avion a été affrêté pour les familles de ces lycéens.

La police britannique a rapidement évoqué une attaque « terroriste ». « Des policiers, et notamment des policiers armés, restent sur place et nous traitons (ces faits) comme un incident terroriste jusqu’à preuve du contraire », a dit la police dans un communiqué. Les services du contre-terrorisme de la Couronne ont été saisis.

Dans une courte allocution aux médias à 17h45, un responsable de la police londonienne a déclaré que le nombre de victimes est encore incertain. Il a cependant confirmé plusieurs blessés, dont des officiers de sécurité.

Le quartier a été rapidement bouclé et des députés et des journalistes ont été confinés dans le Parlement durant plusieurs heures. Certains d’entre eux ont twitté en direct, comme George Freeman, qui souligne notamment l’incroyable travail des policiers.

Les Parlements écossais et gallois ont suspendu leurs séances par solidarité avec celui de Westminster.

La Première ministre a conduit une réunion de crise ce soir au 10, Downing Street. Elle s’est entretenue avec le président américain Donald Trump. Peu avant 22h, Theresa May a fait une déclaration depuis le perron de son cabinet.

Elle est notamment revenue sur le déroulé de la meurtrière échappée de l’attaquant, a salué le calme et le courage des policiers, et rappelé que le choix du lieu de l’attaque n’était pas fortuit, Westminster étant le plus vieux Parlement du monde. Elle a aussi indiqué que le niveau d’alerte dans la capitale du royaume ne serait pas relevé. « Toutes les tentatives de détruire les valeurs démocratiques par la violence et la terreur sont vouées à l’échec », a fermement déclaré Mme May.

Consternation et solidarité

Depuis Villepinte (Seine-Saint-Denis), François Hollande, premier chef d’Etat à réagir, a fait part de « tout (son) soutien au peuple britannique ». « Le terrorisme nous concerne tous. La France, qui a été si frappée ces temps derniers, peut savoir ce que le peuple britannique a comme souffrance aujourd’hui », a ajouté le chef de l’Etat, soulignant que « c’est au niveau européen qu’il faut s’organiser » pour affronter la menace terroriste.

Theresa May bien sûr, sa ministre de l’Intérieur, le maire de Londres, mais aussi plusieurs leaders étrangers comme Angela Merkel ou Justin Trudeau, ont également fait part de leurs pensées et soutien aux habitants de la capitale.

Aux Etats-Unis, Donald Trump s’est entretenu par téléphone avec Theresa May. Il a condamné l’attaque de Westminster, et salué la réponse rapide de la police britannique. Son secrétaire d’Etat Rex Tillerson a présenté au nom des Etats-Unis ses condoléances aux familles des victimes. Le ministère russe des Affaires étrangères, via sa porte-parole Maria Zakharova, sur la chaine Rossiya 24 a déclaré : « Nous présentons évidemment nos condoléances et notre compassion à tout ceux qui sont morts. Et en ce moment, comme toujours, nos coeurs sont avec les Britanniques et nous partageons leur douleur. »

Le Parlement britannique – chambres des députés et chambres des Lords – rouvrira demain à l’heure habituelle.

Selon la BBC, plus de vingt tentatives d’attentat ont été déjouées depuis 2013. Cette attaque survient un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles.

rfi.fr




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