Comme annoncé précédemment, la marche pacifique et citoyenne des forces vives de Guinée a été réprimée dans le sang le mardi 05 septembre dernier à Conakry. Selon un bilan fourni par les organisateurs, il y a eu 4 morts par balles, des blessés par balles dont des cas graves et de nombreuses arrestations.
Plusieurs manifestants arrêtés par les forces de défense et de sécurité ont été obligés de payer une forte somme d’argent pour obtenir leur libération. C’est le cas de Amadou Guilladio Diallo qui a été arrêté et conduits à la villa 43 des services de renseignement.
“J’ai été arrêté par des éléments de la police qui me considère comme l’un des mobilisateurs dans l’axe Hamdallaye-Kagbelen. Après mon interpellation, des éléments des forces spéciales m’ont déposé à la villa 43 des services de renseignement. J’ai été insulté et brutalisé par les hommes en uniforme. Après deux jours d’interrogatoire, mes parents ont été obligés de payer 5.000.000 de francs guinéens. Avant de me libérer, on m’a obligé de s’engager à ne plus participer à une manifestation contre la junte militaire au pouvoir. Des éléments des forces spéciales m’ont menacé de mort si jamais ils me retrouvent dans une manifestation. Ils promettent d’écraser toute personne qui tente de saboter leur pouvoir. Aujourd’hui, je ne me sens pas en sécurité”, nous-a-t-il confié au téléphone.
Malgré nos sollicitations, le chargé de communication de la police n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
Mamadou Pathé Baldé, Souleymane Diallo, Mamadou Tanou Diallo et Mouctar Keita sont les 4 manifestations tombés sous les balles des forces de défense et de sécurité le 05 septembre 2023 à Conakry.
Youssouf Keïta

