Le Premier ministre libyen Ali Zeidan, enlevé jeudi au petit matin dans un hôtel de Tripoli par un groupe d’hommes armés, a été libéré après quelques heures de captivité.
Le Premier ministre libyen Ali Zeidan, enlevé jeudi 10 octobre à l’aube à l’hôtel Corinthia de Tripoli, a été libéré par ses ravisseurs quelques heures plus tard. Des groupes d’anciens rebelles libyens avaient annoncé l’avoir arrêté en représailles à la capture d’un responsable libyen d’Al-Qaïda, Abou Anas al-Libi, par un commando de l’armée américaine.
« Il est libéré. Mais nous ne disposons pas encore de détails sur les circonstances de sa libération », a indiqué Mohamed Abdelaziz, ministre libyen des Affaires étrangères.
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Mohamed Kaabar, cité par l’agence libyenne Lana, a toutefois déclaré qu’Ali Zeidan avait été libéré et non relâché par ses ravisseurs, laissant entendre qu’une opération avait eu lieu.
La Chambre des révolutionnaires de Libye, une milice constituée d’ex-rebelles, avait rapidement revendiqué le rapt, précisant qu’Ali Zeidan était « en bonne santé » et qu’il serait « bien traité ». « Son arrestation survient après la déclaration de John Kerry concernant la capture d’Abou Anas Al-Libi, après qu’il a dit que le gouvernement libyen était informé de cette opération », avait indiqué un porte-parole de cette brigade, officieusement placée sous autorité du ministère de l’Intérieur.
L’affaire Abou Anas
Ce bref enlèvement intervient cinq jours après la capture à Tripoli d’Abou Anas al-Libi, un chef libyen d’Al-Qaïda, par un commando de forces spéciales américaines. Cette affaire a provoqué la colère d’ex-rebelles et de milices pro-islamistes en Libye, qui accusent le gouvernement d’avoir été informé en amont de cette opération sensible.
Mardi, le Congrès général national, la plus haute autorité politique du pays, a enjoint Washington de lui remettre immédiatement Abou Anas Al-Libi. De son côté, Ali Zeidan avait aussi critiqué l’opération américaine, mais de façon moins frontale.
De son vrai nom Nazih Abdul Hamed al-Raghie, Abou Anas al-Libi était recherché par les États-Unis depuis plusieurs années. Washington l’accue d’être impliqué dans les attentats meurtriers de 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya (plus de 200 morts).
AFP
