Conakry- la réticence des populations face à la maladie Ebola continue, ce jeudi matin, une équipe de la croix rouge informée de la découverte d’un corps sans vie dans le quartier Bantounka II, commune de Ratoma a débarqué à la mosquée du dit quartier pour tenter de récupérer le corps afin de l’examiner, mais les jeunes ont marqué un refus systématique, les humanitaires ont été contraint de replier, a appris Afrinews.org
Selon nos informations, c’est un chauffeur connu sous le nom de ‘’SOUL’’ qui est décédé ce jeudi aux environs de 11heures à Cosa alors qu’il venait d’acheter une tache du thé. Au chemin de retour, il s’est heurté à une pierre et il serait tombé. Les premiers secours arrivés sur les lieux ont trouvé qu’il avait rendu l’âme sur place. C’est ainsi que le corps a été transporté à la morgue de la mosquée de Bantounka II, non loin de là.
Aussitôt alertée par des citoyens, la croix rouge s’est rendue à la mosquée dans l’objectif de partir avec le corps et de pulvériser la mosquée et le domicile du défunt. Des jeunes en majorité chauffeurs et autres connaissances de la personne décédée ont manifesté leur opposition. De discussions en discussions, les jeunes ont commencé à jeter des pierres aux humanitaires qui ont fini par déserter les lieux sans accomplir leur mission.
Face à cette situation, les notables ont pris l’initiative de repousser l’enterrement du corps qui était prévu à 14heures jusqu’à 17heures en attendant de voir si la croix rouge allait revenir avec les services de sécurité pour extraire le corps.
C’est ainsi que des tractations ont été engagées par la famille du défunt pour empêcher toute confiscation du corps. Selon les informations recueillies sur place, la famille ayant des liens de parenté avec le chef secteur et d’autres responsables locaux. Ils auraient usé de leur poids pour convaincre les humanitaires qu’il ne s’agit pas d’un cas d’Ebola et de laisser la famille s’en occuper. Et à 17heures, le corps a été inhumé au cimétière de Démoudoula, a-t-on constaté.
Le défunt serait originaire de Pilimili, dans la région de Labé.
A noter qu’en application à l’état d’urgence sanitaire en vigueur dans le pays. Les autorités ont interdit l’enterrement de tout corps dont les circonstances du décès ne sont pas établies par les services sanitaires compétents. Mais la tradition et les coutumes doublées par le refus des populations à croire à l’existence de l’épidémie d’Ebola font que ces mesures ne sont pas respectées dans la grande majorité.
Abdoulaye Maci Bah pour Afrinews
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