Massacre du 28 Septembre: Fatou Bensouda exige un procès dans un délai raisonnable (communiqué)

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Conakry, le 4 juillet 2015; Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de votre présence à cette conférence de presse cet après-midi.

Je tiens tout d’abord à remercier Son Excellence, le Président de la République de Guinée, Monsieur le Professeur Alpha Condé et le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Maître Cheick Sako, pour l’invitation qu’ils m’ont adressée – depuis plusieurs mois déjà – à me rendre de nouveau en Guinée.

Je voudrais souligner l’accueil et la qualité de la coopération fournie à mon Bureau par les autorités guinéennes au cours des six dernières années. Depuis l’ouverture de l’examen préliminaire par le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) quelques semaines à peine après les événements horribles du 28 septembre 2009, mon Bureau a effectué onze visites en Guinée  – la dernière datant du mois de mai de cette année. Cette visite est ma quatrième à titre personnel.

Quel en est le but? Tout d’abord, je suis venue faire le point sur l’enquête judiciaire concernant les crimes du 28 septembre 2009 menée par les autorités guinéennes conformément à leur obligation première de poursuivre et de juger les auteurs de crimes relevant de la compétence de la CPI. Je suis aussi venue m’informer de la possibilité de tenir un procès d’assises dans un délai raisonnable.

A cet égard, j’ai rencontré hier et aujourd’hui les autorités guinéennes, les magistrats en charge du dossier, des représentants de la communauté internationale, de la société civile, et les victimes. A l’issue de ces rencontres, j’ai constaté des progrès importants et encourageants dans l’enquête conduite par le pool des juges d’instruction. De nombreuses personnalités de haut rang ont été inculpées, des centaines de victimes, ainsi que des témoins clés ont été auditionnés.

Je tiens à rendre hommage à la persévérance et la dignité des victimes, et tout particulièrement des victimes de violences sexuelles, qui jouent un rôle déterminant dans l’avancement de ce dossier. Elles attendent depuis six longues années que justice soit faite, que justice leur soit rendue.

Dans ce processus, il faut reconnaitre le soutien des autorités guinéennes, et du Ministre de la Justice en particulier, au travail des juges d’instruction. Les juges ont reçu des moyens supplémentaires pour exécuter leur mandat en toute indépendance, malgré des défis majeurs comme la crise d’Ebola qui  a touché le pays.

Le deuxième objectif de ma visite découle du mandat préventif de mon Bureau. Il faut absolument éviter que de nouveaux crimes soient commis, quelles que soient la situation, les circonstances. Nous savons que la violence peut surgir à l’occasion d’élections. Comme je l’ai fait en 2010, j’appelle tous les acteurs politiques guinéens à s’assurer que les élections se déroulent dans le calme et que leurs partisans s’abstiennent de toute violence. J’ai confiance que ce message sera entendu par tous les Guinéens et je continuerai à suivre la situation de près.

Dans les mois qui viennent, la Guinée, conformément à son statut d’Etat partie à la Cour pénale internationale, peut et doit démontrer sa volonté et sa capacité à lutter activement contre l’impunité et le recours à la violence.

Je vous remercie.

Source:  Bureau du Procureur

 




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