Guinée: sept candidats à la présidentielle tirent la sonnette d’alarme et souhaitent un report du scrutin

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Conakry- Les candidats face au président sortant se sont retrouvés ce jeudi pour faire le point de l’évolution du processus électoral devant déboucher à l’élection présidentielle du 11 Octobre. Au terme de leur plénière, les adversaires d’Alpha Condé disent avoir constaté plusieurs irrégularités et demandent le report du scrutin, a appris Afrinews.org

‘’Nous avons relevé plusieurs irrégularités au niveau du processus électoral en cours, la première chose concerne cette décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC). Il s’agit d’une décision qui impose deux décisions totalement anti démocratique qui empiète sur la liberté de presse et la liberté d’expression. La première décision, c’est l’interdiction de la publication par les médias des résultats sortis des bureaux de vote avant que la CENI ne le fasse de façon officielle ; la  deuxième décision, c’est l’interdiction aux opérateurs téléphoniques de ne pas servir de base à la transmission de ces résultats avant la publication de ces dits résultats par la CENI’’, déclare le porte parole du candidat de l’UFDG devant la presse.

S’agissant des procès verbaux, Aboubacar Sylla affirme qu’: ‘’Il est important que chaque candidat puisse disposer effectivement du procès verbal (résultats) et qu’il puisse à son propre niveau faire la totalisation du vote pour pouvoir confronter évidemment ses propres résultats à ceux qui vont être publiés par la CENI, surtout que dans la configuration des bureaux de vote, il n’y a pas de possibilité pour que chaque candidat puisse détenir une copie d’un procès verbal. Il n’y a que six exemplaires qui sont disponibles alors que certains doivent être envoyés de façon officielle à la CENI, à l’Administration du Territoire, à la Cour Constitutionnelle. Finalement, les 8 candidats ne peuvent pas disposer chacun d’un procès verbal, ce qui n’est pas normal. L’autre problème, c’est la distribution des cartes d’électeurs. Le fait que la CENI ait prématurément commencé l’opération d’édition des cartes, fait qu’il y a beaucoup d’électeurs qui n’ont pas de cartes d’électeurs et beaucoup de citoyens ne se retrouvent plus sur le fichier électoral. On a des graves anomalies, sans oublier que la question des doublons n’est pas résolue.  Nous avons insisté pour que les procurations soient purement interdites parce que c’est la porte ouverte à tous les abus et c’est ce qui va permettre le bourrage des urnes’’, révèle t-il.

Autre problème, relevé par les candidats note leur porte parole, ‘’c’est que nous ne connaissons pas le programme des élections. Nous ne savons pas exactement qu’elle est la succession des différentes séquences par lesquelles la CENI gère le processus électoral. Nous n’avons pas reçu le fichier qui nous avait promis par la CENI. Chaque parti devrait recevoir une cartographie des bureaux de vote ; mais la liste électorale pour nous permettre de nous assurer que la liste est conforme à la configuration du code électoral guinéen. Jusqu’à présent le fichier n’est pas assaini, il n’est pas le reflet fidèle du code électoral guinéen. Les dispositions des bureaux de vote ne se sont pas faites de façon équitable. Ce découpage électoral favorise les zones qui sont favorables au pouvoir’’, soutient-il.

Au regard de tout ça, les adversaires du président candidat espère le prolongement du délai des élections: ‘’Nous tirons la sonnette d’alarme pour que ces irrégularités soient corrigées. Nous nous inscrivons dans la logique d’une prorogation de la date du 11 octobre qui reste dans les limités des délais légaux’’.

Au sortir de cette rencontre les sept candidats ont exprimé donc leur souhait de repousser le scrutin d’une semaine afin de permettre le règlement de certains anomalies. Si cela était accepté, ce serait le 18 Octobre. Il reste de savoir la position du pouvoir et du camp présidentiel.

Abdoulaye Maci Bah pour Afrinews

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