Guinée: un militant engagé de l’UFDG contraint à l’exil

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Conakry- Etre dans l’opposition n’est pas chose facile en Afrique. En Guinée, depuis l’accession du président Alpha Condé au pouvoir en décembre 2010, plusieurs militants de son principal challenger, Cellou Dalein Diallo ont été contraints à l’exil à cause des violences ou des menaces dont-ils subissent de la part des forces de sécurité et les proches du parti au pouvoir sur l’axe Cosa-koloma-Bambeto-Hamdallaye, a constaté Afrinews.org

Considéré comme étant le fief électoral de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, à chaque manifestation ou mouvement politique, les habitants de cet axe sont victimes de brutalité de la part des agents de la sécurité. Des domiciles vandalisés, des jeunes interpellés et bastonnés. Certains sont jugés dans des procès dont le verdict est dicté au plus haut sommet de l’Etat.

Un jeune du nom de Hassane Bah accusé à tort d’être responsable de la mort de l’enfant d’un membre influent du RPG arc en ciel Morlaye Kouyaté, serait dans le collimateur des agents de la sécurité et de la famille de ce dernier.

D’après nos informations, ce militant de Cellou Dalein est reproché d’avoir jeté une pierre sur le fils de cet activiste du parti présidentiel au quartier Bambeto , commune de Ratoma lors de la manifestation du 1er septembre 2015 à l’appel de l’opposition. Evacué à l’hôpital, l’enfant aurait succombé de ses blessures trois jours plus tard. Depuis lors, il serait menacé de mort. Arrêté par l’escadron mobile de Hamdallaye il a été conduit à la maison centrale de kaloum après avoir y passé une nuit. Profitant d’une évasion le 07 octobre 2015, le jeune Hassane a pris la fuite deux jours après sa sortie de prison pour éviter d’être arrêté de nouveau.

En représailles, le domicile de son père aurait été saccagé par la famille de kouyaté. Ce dernier garderait une dent contre ces militants de l’UFDG pour leur engagement politique.

Aux dernières nouvelles, on apprend qu’un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre de Hassane Bah.

Le parti de Cellou Dalein Diallo a déjà enterré plus de 80 de ses militants tués par balles réelles sans que justice ne soit rendue. La justice est prompte quand il s’agit des partisans du pouvoir, déplore son parti.

Youssouf Keïta pour Afrinews

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