1/5/2012
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest a imposé des sanctions à la Guinée-Bissau après l'échec de discussions avec la junte au pouvoir à Banjul, visant à rétablir l'ordre constitutionnel dans le pays.
Les sanctions sont entrées en vigueur dimanche nuit. Selon un reponsable de la cédéao cité par les agences de presse, "Il s'agit de sanctions ciblées contre les dirigeants de la junte et de sanctions diplomatiques, économiques et financières contre le pays."
La junte, qui s'est emparée du pouvoir le 12 avril, a notamment refusé l'organisation d'élections dans les six mois, comme le demandait l'organisation ouest-africaine, selon un communiqué de la Cédéao.
Les putschistes ont également refusé que le président par intérim Raimundo Pereira, arrêté durant le coup de force, soit réinstallé dans ses fonctions pour superviser une phase de transition.
"Après plus de douze heures de négociations" entre les ministres et "une seule personne, le général Antonio Indjai, chef d'état-major de l'armée de
Guinée-Bissau et chef de la junte", il est "apparu évident" que ce dernier "ne souhaite pas négocier et préfère clairement affronter les conséquences" de sanctions, a déploré l'organisation ouest-africaine.
Pourtant, depuis le sommet des chefs d’Etat ouest-africains, réunis jeudi dernier à Abidjan, les putschistes avaient donné des gages.
Le général Antonio Indjai, Suite à l'ultimatum de 72 heures décrété par la Cédéao, ils ont libéré Raimundo Perreira, le président intérimaire renversé et Carlos Gomes Junior, l’ex-premier ministre, arrêtés au moment du putch et détenus depuis.
Les deux hommes se sont exilés en Côte d'Ivoire.
La Cédéao est persuadée que le chef d'état-major de l'armée, le général Antonio Indjai, censé avoir été déposé par les putschistes, dirige dans l'ombre le commandement militaire autoproclamé désormais aux manettes.
"La délégation de la junte téléphonait régulièrement à Indjai pendant les discussions pour savoir quoi faire", a déclaré un responsable de la Cédéao. "C'était très frustrant, mais cela montrait clairement qui était le chef." a t-il déploré.
La Cédéao a annoncé jeudi l'envoi d'une force de plus de 600 hommes en Guinée-Bissau pour protéger les institutions étatiques et la population et superviser le retour à un régime civil.
La junte ne s'y est pas opposée. Des responsables de la Cédéao doivent se réunir à Dakar cette semaine pour fixer les conditions du déploiement de cette force.
BBC afrique
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