A la Une: Bamako sous le choc de l’attentat de la rue «Princesse»

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nquiétude et questionnements dans la presse bamakoise, 48 heures maintenant après l’attentat du restaurant-bar La Terrasse. « La fusillade, qui a fait cinq morts et autant de blessés, a achevé de convaincre les plus optimistes que les jihadistes étaient finalement à Bamako, s’exclameLe Républicain. Ils investissent la capitale et peuvent frapper à tout moment, si on n’y prend pas garde. Le lieu de frappe en plein cœur de Bamako, le Restaurant-Bar La Terrasse, dans le quartier Hippodrome, est assez révélateur de leur capacité d’infiltration dans la capitale. »

« Bamako, une véritable poudrière », soupire pour sa part Le Pouce. « Jusque-là, Bamako avait été épargné par les attentats terroristes et rebelles, pointe le journal. Mais personne n’est surpris par ce qui vient de se passer. Si Bamako avait été épargné, cela ne veut pas dire que la ville était sécurisée. Bien au contraire, de l’avis de beaucoup, Bamako est une véritable poudrière depuis que la rébellion a éclaté dans les régions nord du pays.  » Les têtes pensantes de la rébellion sont à Bamako « , aiment à ironiser certains. Pourtant, le niveau de sécurité n’a pas été élevé dans le district. (…) Aucune mesure sécuritaire à la hauteur du risque (terroriste) n’est prise. La vie continue comme si le pays n’était confronté à aucun risque terroriste. Après ce qui vient de se passer, il y a lieu de s’interroger, estime encore Le Pouce, sur le dispositif sécuritaire et le professionnalisme de nos forces de sécurité. Les patrouilles doivent être régulières, renforcées et être plus sérieuses avec des équipements à hauteur de mission. »

La République en danger !

« Quel est donc ce conflit malien qui est en train de se transformer en attaque terroriste ‘, s’interroge Le Prétoire, autre journal bamakois. Commencés au nord, les sanglants évènements de notre pays perdurent maintenant à Kidal et sont en train de se déporter vers Bamako, et ce malgré le processus national de règlement politique de la crise. Les enjeux de cette attaque contre un restaurant bamakois sont un signe à prendre au sérieux. »

Le Prétoire estime que « la République est en danger » et fait le lien entre l’attentat et la découverte d’un arsenal en début de semaine dernière dans la forêt du Mandé à Samanko, près de Bamako, « une véritable armurerie, soit plus de 200 kalachnikovs, des mitrailleuses, des grenades offensives, des lance-roquettes ainsi que des téléphones portables de dernière génération ».

On sait que l’attentat a été revendiqué par le groupe islamiste armé al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar. Mais certains journaux maliens ont du mal à y croire. A l’instar, encore, du Prétoire : « Daprès ce que l’on sait d’eux, les moudjahidines d’al-Mourabitoune sont fortement entrainés au maniement des armes et à l’utilisation des explosifs. Et quand ils lancent des opérations, ils essayent toujours de faire le maximum de dégâts humains et matériels. Il est vrai que même un seul mort est toujours de trop, mais là il n’y en a que cinq. »

Et le journal de rappeler que « le groupe de Mokhtar Belmokhtar est l’auteur de des attentats contre des sites miniers en Algérie et au Niger. Attentats qui avaient fait des dizaines de morts. En Algérie, ils avaient préféré attendre l’assaut de l’armée et mourir les armes à la main plutôt que de s’enfuir. »

Une nouvelle internationale de la terreur

Inquiétudes et questions dans la presse bamakoise, donc, et également dans celle de la sous-région. « Le fait que le mouvement armé jihadiste al-Mourabitoune revendique la paternité des crimes de Bamako n’a rien d’anodin, estime le siteGuinée Conakry Infos. C’est bien la preuve que, par le sang, sous nos yeux impuissants, est en train de se constituer une nouvelle internationale de la terreur, avec des connexions toutes aussi dangereuses que l’Etat islamique, et qui enfantent petit à petit de nouveaux monstres en Afrique et ailleurs. (…) Preuve est faite que désormais la nébuleuse criminelle se restructure, s’étoffe et densifie son action. Les forces africaines sur la ligne de front, notamment le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun, doivent désormais réaliser, estime encore Guinée Conakry Infos, que ceux qui ont frappé Bamako pourraient objectivement frapper d’autres capitales engagées dans la guerre contre les  » fous de Satan « . »

Enfin, pour le quotidien Aujourd’hui à Ouaga, trois constats après cet attentat. « 1 – Bamako est aussi peu sécuritaire que le nord du Mali. 2 – Les mouvements terroristes ont aussi conquis le cerveau du Mali, par la dissémination de cellules dormantes qui peuvent se réveiller à tout moment et exploser selon les besoins et les cibles.3 – Les forces de sécurité, les autorités et les populations ne doivent plus baisser l’attention car le monstre terroriste est certes éborgné, mais il n’est pas aveugle pour autant. »

RFI/afrique




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